Que diriez-vous de décrocher un travail en Finlande ?

Des postes sont à pourvoir dans le secteur médical, les services et bien d’autres domaines.

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La Finlande a pris conscience du fait que le jour où la génération issue du baby boom de l’après-guerre prendra sa retraite, le pays aura à faire face à une pénurie de main-d’œuvre que les classes d’âge finlandaises plus jeunes ne seront pas en mesure de combler : aussi le pays est-il prêt à réserver le meilleur accueil à des travailleurs issus de l’immigration.

A noter que la plupart des liens dans cette page sont en anglais.

Si tous les emplois qui se seront à pourvoir au fil des décennies à venir dans les métiers de la santé devaient être attribués aux seuls Finlandais, cela voudrait dire qu’un jeune Finlandais sur quatre devrait se former aujourd’hui au métier d’infirmière. La situation étant manifestement bloquée, il existe des besoins réels pour recruter dans les prochaines années des travailleurs étrangers notamment dans le secteur des services à la personne et de la santé.

L’idée de décrocher un travail en Finlande, qu’il s’agisse d’un CDI ou d’un CDD, voire de s’y établir définitivement, n’a aujourd’hui plus rien d’extraordinaire, contrairement à ce qui pouvait être perçu ne serait-ce qu’il y a encore dix ou vingt ans. Parmi les atouts que propose le pays, citons de bonnes conditions de travail, ainsi qu’un haut niveau de sécurité de l’emploi. Quant à l’énigmatique langue finnoise, ce n’est pas ce qui doit arrêter les nouveaux arrivants dès lors que ceux-ci sont prêts à faire un effort, même s’il faut reconnaître que l’apprentissage de la langue peut freiner dans une certaine mesure l’élan des étrangers.

Une plus grande mobilité de la main-d’œuvre

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Photo: Pentti Sormunen/Plugi

Dans les faits, la mobilité de la main-d’œuvre a connu un important coup d’accélérateur à l’occasion de l’élargissement de l’Union européenne : ainsi, en 2008, le nombre d’immigrants ayant choisi la Finlande a été le plus élevé jamais enregistré depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1917. L’ensemble des flux migratoires s’est élevé alors à 29.100 entrées sur le territoire, chiffre qui dépasse de 3.000 personnes le niveau observé l’année précédente, tout en dégageant un solde excédentaire de plus de 15.000 personnes compte tenu des chiffres des flux d’émigration enregistrés pour la même période.

La Finlande a toujours été et reste dans une certaine mesure un pays culturellement, ethniquement et linguistiquement homogène : aussi l’attitude envers les nouveaux arrivants y a-t-elle été largement marquée par une réserve prudente, tant de la part des pouvoirs publics que de la population en général.

Il n’en reste pas moins que la Finlande a décidé de réserver le meilleur accueil aux immigrants. Le programme politique du second gouvernement du Premier ministre Matti Vanhanen, aux affaires à partir du printemps 2007, a introduit une nette rupture dans l’attitude officielle, qui jusque là consistait à se référer aux non-Finlandais présents sur le sol national comme à des étrangers, la nouvelle dénomination adoptée depuis étant celle d’immigrants. Malgré l’actuelle crise économique et ses effets sur le marché du travail, les employeurs finlandais auront besoin de faire appel à long terme à davantage de travailleurs qualifiés.

Des besoins en professionnels de santé

Photo: Plugi Les employeurs finlandais ont participé à des salons de recrutement dans différents pays d’Europe. Les métiers de la santé sont un des secteurs où la demande dépasse l’offre.

Photo: Plugi Les employeurs finlandais ont participé à des salons de recrutement dans différents pays d’Europe. Les métiers de la santé sont un des secteurs où la demande dépasse l’offre.Photo: Plugi Les employeurs finlandais ont participé à des salons de recrutement dans différents pays d’Europe. Les métiers de la santé sont un des secteurs où la demande dépasse l’offre.

La mobilité est actuellement encouragée en particulier au sein de l’Europe. Ainsi, lorsqu’un citoyen d’un pays de l’Union européenne souhaite partir travailler à l’étranger, il bénéficie du soutien de l’EURES (Réseau européen des services de l’emploi). Plus de 800 conseillers des services publics pour l’emploi des Etats membres de l’UE participent à ce réseau ; en Finlande, 31 d’entre eux sont affectés auprès des différents Centres pour le développement économique présents dans les grandes villes du pays. Ces experts ont pour mission d’aider les entreprises à rechercher des travailleurs établis hors de Finlande, tout en aidant les Finlandais désireux de travailler à l’étranger à se créer les contacts et les réseaux utiles à leurs projets.

Ces dernières années, de nombreux pays ont souhaité organiser des salons de recrutement : parmi les pays hôtes ayant reçu la visite des employeurs finlandais, il y a lieu de citer la Pologne, la Slovaquie, la Tchéquie et la Hongrie. On note par ailleurs depuis quelques années que différents établissements hospitaliers de toute la Finlande encouragent activement les Finlandais établis en Suède à rentrer travailler au pays.

« Parmi ceux qui viennent rencontrer les employeurs finlandais sur les stands de ces salons, on compte en particulier des jeunes qui ont souvent fait des études en Finlande, comme par exemple dans le cadre du programme d’échanges Erasmus. Ils gardent un bon souvenir de la Finlande et ont aussi souvent une certaine connaissance de la langue finnoise », indique Tiina Oinonen, conseillère au ministère finlandais du Travail et de l’Economie et qui a eu à gérer les dossiers relatifs à l’EURES durant de nombreuses années.

L’importance de l’apprentissage du finnois

Même si les immigrants bénéficient de nombreuses mesures de soutien, il n’en reste pas moins que la décision de venir travailler en Finlande exige bien évidemment une attitude entreprenante et sans préjugés. La question primordiale reste la langue : on compte très peu d’emplois accessibles à qui ne connaît pas du tout le finnois, et il est essentiel que chacun soit en mesure de communiquer, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité au travail.

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Photo: Tarja Hoikkala/Vastavalo

Les autorités locales, ainsi que de très nombreux employeurs, proposent aux immigrants et à leurs familles des programmes d’apprentissage linguistique, ce gratuitement ou pour un prix très modique. On observe certes des différences individuelles en matière de rapidité d’acquisition d’une langue nouvelle ; cependant, Tiina Oinonen estime que six mois d’efforts intensifs devraient assurer à un non-Finlandais une connaissance du finnois lui permettant d’effectuer un travail de niveau de qualification moyen ; elle précise par ailleurs que le niveau de finnois requis dépend en grande partie de la nature du travail.

La Finlande accorde une grande importance à la formation professionnelle, et des règles statutaires fixant les niveaux de qualification requis sont en vigueur dans de nombreux secteurs et pour beaucoup d’emplois : aussi est-il recommandé de se renseigner à l’avance sur la possible reconnaissance officielle en Finlande de ses diplômes et titres obtenus à l’étranger.

Par ailleurs, la loi finlandaise permet aux immigrants de bénéficier de services de conseil pour l’intégration au travail et au sein de la société, la responsabilité de la gestion de ces services relevant en priorité des pouvoirs publics locaux et des agences locales pour l’emploi.

La Finlande a beaucoup à donner

Qu’a donc à donner la Finlande aux travailleurs étrangers ? Pourquoi est-il intéressant de s’établir en Finlande ?

« La Finlande est en mesure d’assurer d’excellentes conditions de travail, et les salariés disposent chez nous d’un très bon cadre de protection sociale. Quant aux enfants et aux adolescents, ils ont accès à des opportunités de formation de qualité ; par ailleurs, les administrations finlandaises fonctionnent avec souplesse, et la Finlande compte un grand nombre d’entreprises florissantes et qui bénéficient d’une excellente visibilité à l’international », déclare Oinonen.

Il faut bien entendu ajouter à cela les autres atouts dont dispose le pays : sa nature nordique de toute beauté, avec les nombreuses possibilités d’activités en plein air qu’elle permet, une vie culturelle animée, un vaste choix de cours du soir disponibles à des conditions financières abordables, des logements de haut niveau du point de vue propreté et confort, et une société qui fonctionne vraiment bien à tout point de vue. Autant de raisons de venir en Finlande !

Quelques chiffres

  • En 2008, 29.100 personnes ont migré en Finlande (ce chiffre dépassant le nombre de départs du territoire de 15.450 personnes), pour 26.029 entrées enregistrées et un solde favorable de 8.696 personnes après déduction des départs du territoire en 2007.
  • Plus de 75 % de l’ensemble des immigrants sont en âge de travailler, et un grand nombre d’entre eux arrivent dans le pays accompagnés de leurs jeunes enfants.
  • Le nombre d’étrangers vivant en Finlande en 2008 s’élevait à 143.197 (2,7 % de la population totale) ; les quatre principaux groupes étaient les Russes (26.887), les Estoniens (22.509), les Suédois (8.493) et les Somaliens (4.919).
  • En 2008, l’immigration nette avait principalement pour origine l’Estonie (2.598), la Russie (698), la Chine (642), la Pologne (442) et l’Inde (403).

10 étapes préalables à l’installation et à l’obtention d’un emploi en Finlande

1.Repérez les emplois à pourvoir et les qualifications demandées ; pour cela, vous pouvez visiter par exemple le site internet des Centres pour le développement économique, les transports et l’environnement et celui du Réseau européen des services de l’emploi. Vous pouvez aussi consulter le site des agences de recrutement privées ou les annonces emploi publiées en ligne par les journaux finlandais ; toutefois, ces annonces sont rédigées principalement en finnois (voir en particulier les sites Oikotie ou Uratie).
2.Renseignez-vous sur les permis requis pour vivre et travailler en Finlande en vous rendant sur le site de l’Office national finlandais de l’immigration.
3.Si vous avez besoin de faire reconnaître la validité de vos diplômes et titres, demandez à vous faire adresser un formulaire en envoyant un courriel à recognition@oph.fi. Pour le secteur des métiers de la santé, la demande doit être adressée à l’Autorité nationale de contrôle des affaires sanitaires et sociales : www.valvira.fi/en/.
4.Pour trouver un logement et ouvrir un compte en banque, adressez-vous en premier lieu à votre employeur, qui sera en mesure de vous aiguiller vers les services locaux compétents. Pour les questions d’intégration, d’apprentissage linguistique, les affaires scolaires, les soins de santé et la sécurité sociale, adressez-vous aux autorités locales de votre nouvelle commune de résidence. Toutes les communes finlandaises disposant d’un site internet, commencez par prendre connaissance des informations générales apparaissant sur la page d’accueil de votre municipalité. Les questions de sécurité sociale sont quant à elles gérées par l’Office national d’assurances sociales (KELA).
5.Pour savoir ce que vous êtes autorisé à importer lors de votre installation en Finlande, rendez-vous sur le site internet des Douanes finlandaises.
6.Toute personne dont le séjour en Finlande dépasse un an est tenue de s’immatriculer auprès des services de l’état civil finlandais ; pour tous renseignements, consultez le site du Bureau de l’état civil de la commune dont vous dépendez.
7.Pour vous assurer que votre permis de conduire est valide en Finlande, adressez-vous aux services de police ou à l’Agence finlandaise pour la sécurité des transports.
8.Pour savoir si vous êtes assujetti à l’impôt en tant qu’immigrant et pour connaître les conditions d’imposition, consultez le site de tax l’administration fiscale.
9.Pour découvrir les options qui s’offrent à vous en matière de formation professionnelle ou de cours de finnois, reportez-vous au portail du ministère finlandais de l’Education.
10.Si vous avez besoin d’informations de base sur la vie en Finlande, vous trouverez des éléments de réponse sur le site voicilaFINLANDE; ne manquez pas de consulter par ailleurs les sites Suomi.fi ou Info Bank (à noter que ce dernier existe en 15 langues différentes).

 

 

Par Salla Korpela, mars 2010

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